PEAC : 3 piliers pour construire un parcours culturel cohérent, de l’école au lycée
Le parcours d’éducation artistique et culturelle, ou PEAC, organise les expériences culturelles de chaque élève, de l’école au lycée. Il ne se limite ni à une sortie au musée ni à un atelier ponctuel. Il inscrit les rencontres avec l’art et la culture dans une progression qui vise un égal accès, quels que soient le lieu de scolarisation et l’environnement familial.
Un parcours obligatoire qui donne une continuité aux expériences culturelles
Inscrit dans la loi du 8 juillet 2013 pour la refondation de l’école, le PEAC est entré en vigueur à la rentrée scolaire 2015. Son cadre de référence est notamment précisé par la circulaire publiée au Bulletin officiel du 7 juillet 2015. Il concerne tous les élèves pendant leur scolarité obligatoire et se construit dans la durée, plutôt que par l’addition d’actions isolées.
Quiz : Parcours d’éducation artistique et culturelle (PEAC)
Son ambition est double : permettre à chacun de fréquenter des œuvres, des artistes et des lieux de culture, tout en développant sa sensibilité, sa créativité, son esprit critique et sa faculté de juger. Le parcours contribue ainsi à une culture commune et à la formation de la personne et du citoyen. Il est pris en compte dans la validation du socle commun de connaissances, de compétences et de culture.
Un cadre national, une traduction locale
Le référentiel du parcours fixe des objectifs de formation et des repères de progression. Il ne prescrit pas un itinéraire identique pour toutes les classes : chaque école, collège ou lycée l’adapte à ses enseignements, à ses projets et aux ressources de son territoire. Les équipes peuvent s’appuyer sur les ressources de l’éducation artistique et culturelle sur Éduscol pour identifier les dispositifs et les partenaires pertinents.
Cette souplesse ne signifie pas que toute activité peut être qualifiée de PEAC. Une action prend réellement place dans le parcours lorsqu’elle repose sur une intention pédagogique, qu’elle est reliée à ce que les élèves ont déjà vécu et qu’elle peut préparer une étape suivante. La cohérence compte autant que la qualité de chaque projet.
Les 3 piliers à réunir dans chaque parcours
Le PEAC repose sur trois champs d’action indissociables : les rencontres, les pratiques et les connaissances. Leur équilibre évite deux écueils fréquents : une culture uniquement théorique ou une activité créative déconnectée des œuvres, des métiers et des repères qui lui donnent du sens.
| Pilier | Ce qu’il recouvre | Exemple concret |
|---|---|---|
| Rencontrer | Des artistes, des œuvres, des lieux de culture et des professionnels | Échanger avec une autrice après une lecture ou découvrir les réserves d’un musée |
| Pratiquer | Des expérimentations individuelles et collectives, guidées ou autonomes | Créer une courte forme théâtrale, composer un paysage sonore ou réaliser une exposition |
| Connaître | Des repères, un vocabulaire spécifique, des techniques et des contextes | Identifier les choix de cadrage d’un film et situer une œuvre dans son époque |
La rencontre : passer du contenu à l’expérience
Rencontrer ne consiste pas seulement à assister à un spectacle ou à visiter un monument. L’élève prépare cette rencontre, observe, questionne, puis revient sur ce qu’il a perçu. La présence d’un artiste, d’un médiateur, d’un bibliothécaire ou d’un technicien rend visibles les gestes, les choix et les métiers qui se trouvent derrière une production culturelle.
La pratique et les connaissances se renforcent
Pratiquer permet d’éprouver les contraintes de la création : choisir, recommencer, coopérer et présenter une intention. Les connaissances donnent ensuite des mots pour décrire une émotion, comparer des formes ou replacer une œuvre dans un contexte historique et social. Après avoir essayé une technique de gravure, par exemple, l’élève regarde différemment une estampe. Après l’écoute active d’un concert, il peut mieux argumenter son ressenti.
Des domaines variés pour construire une culture artistique ouverte
Le parcours ne se limite pas aux arts plastiques ou à la musique. Huit domaines mobilisables permettent de diversifier les expériences et de relier la culture aux apprentissages disciplinaires : arts visuels et patrimoine, cinéma et audiovisuel, culture scientifique, technique et industrielle, histoire et mémoire, éducation aux médias et à l’information, livre et lecture, musique et spectacle vivant.
- Arts visuels et patrimoine : architecture, photographie, design, collections, monuments et création contemporaine.
- Cinéma et audiovisuel : lecture de l’image, fabrication d’un récit et analyse des choix de réalisation.
- Culture scientifique, technique et industrielle : découverte de démarches, d’objets techniques et de liens entre sciences, inventions et société.
- Histoire et mémoire : archives, récits, mémoires locales et histoire des territoires.
- Éducation aux médias et à l’information : analyse des sources, compréhension des images et esprit critique face aux médias.
- Livre et lecture : littérature, lecture, écriture, oralité et découverte des métiers du livre.
- Musique : écoute, pratique instrumentale, composition et découverte des œuvres.
- Spectacle vivant : théâtre, danse, arts du cirque et rencontre avec les professionnels de la scène.
Le bon choix n’est pas celui qui accumule les domaines, mais celui qui sert une question travaillée avec les élèves. Un projet sur la mémoire d’un quartier peut associer archives, photographie, cartographie, rencontre avec un musée local et écriture sonore. Il devient alors un parcours interdisciplinaire, sans perdre sa dimension artistique et culturelle.
Un projet peut aussi être conçu comme un filtre d’attention. Avant une visite, l’équipe choisit avec les élèves deux ou trois éléments précis à observer, comme une matière, une voix, une trace du passé ou un procédé de fabrication. Cette focale évite la visite « catalogue », souvent vite oubliée. Au retour, les observations servent de matériau pour dessiner, écrire, débattre ou comparer. La découverte trouve ainsi un prolongement concret.
Faire vivre le parcours entre école, territoire et partenaires
La mise en œuvre repose sur une responsabilité partagée. Les enseignants assurent la continuité pédagogique et relient les actions aux apprentissages. Les artistes et les structures culturelles apportent leurs œuvres, leurs pratiques professionnelles et leurs capacités de médiation. Les collectivités peuvent faciliter l’accès aux équipements, aux transports, aux résidences et aux parcours locaux.
Articuler les trois temps de l’enfant
Le PEAC se déploie sur le temps scolaire, mais peut s’enrichir d’actions périscolaires et extrascolaires. Cette articulation demande une concertation réelle : les objectifs, le calendrier, les responsabilités et les modalités de restitution doivent être partagés. Un projet éducatif territorial peut aider à coordonner l’école, les services culturels, les associations et les équipements de proximité.
La continuité peut être simple à organiser : une séance en classe prépare une visite ; l’atelier mené avec un intervenant prolonge l’observation ; une présentation aux familles ou à une autre classe donne une destination au travail. Chaque temps doit apporter une expérience ou un apprentissage que les autres ne remplacent pas.
Construire un parcours lisible pour les élèves
Pour piloter un PEAC, l’équipe peut suivre quatre repères : partir d’un besoin ou d’une question pédagogique, identifier les trois piliers réellement présents, prévoir une trace des expériences et anticiper le lien avec l’étape suivante. Cette trace peut prendre la forme d’un carnet, d’un portfolio, d’une production collective ou d’un temps d’oral. Elle aide l’élève à comprendre qu’il construit progressivement son propre parcours culturel.
Évaluer une progression plutôt qu’une simple participation
Évaluer le PEAC ne revient pas à noter le goût artistique des élèves ni à comptabiliser les sorties. Il s’agit d’observer des acquisitions : employer un lexique plus précis, décrire une œuvre, formuler un choix de création, coopérer dans un projet, établir des rapprochements entre des références ou exprimer un point de vue argumenté.
Les repères de progression associés au référentiel aident à adapter les attentes selon l’âge. À l’école, l’élève apprend progressivement à observer, nommer et expérimenter. Au collège puis au lycée, il peut approfondir l’analyse, situer les œuvres, confronter des interprétations et gagner en autonomie dans la conduite d’un projet. Les productions finales comptent, mais le cheminement, les essais et la capacité à revenir sur une expérience sont tout aussi révélateurs.
Un parcours réussi laisse des traces personnelles et collectives, relie les enseignements aux ressources du territoire et donne aux élèves l’habitude de fréquenter la culture avec curiosité. Cette continuité, plus que la multiplication des événements, donne au PEAC sa portée éducative.



